Le mardi 28 juillet 2025 deux sexagénaires ont par ignorance , (on présume ) revêtu la cape de fauteurs de trouble . Les faits se sont déroulés dans l’enceinte du tribunal d’Abomey- Calavi. Une des affaires qui ont défrayé la chronique cette semaine.
Aux prémices de l’audience, la cour siégeait comme à l’accoutumée pour examiner un dossier en cours . Soudainement, deux hommes, sexagénaires , installés parmi les spectateurs ont attiré l’attention sur eux malgré le fait qu’ils parlaient à voix basse.
Pour une première fois , on est en mesure de comprendre.Qui parmi nous n’a jamais effectué de messe basse . Mais là encore tout dépend du lieu et très peu de personnes averties, se risqueraient à le faire en de telles circonstances. Toujours est il que les deux intéressés ont répété leurs actes malgré plusieurs rappels à l’ordre de la Présidente du tribunal .
De guerre lasse, l’irritation telle une corde au cou, par suffocation morale , elle a fini par ordonner que les deux sexagénaires soient placés dans le box des accusés . Selon le récit des faits par Bip radio . Elle a invoqué par la suite, un trouble d’audience de leur part . Ce qui justifie amplement sa décision.
Ils y sont restés jusqu’à la fin de l’audience. Même s’ils n’ont pas ipso facto, automatiquement , fait l’objet de poursuites judiciaires , ils ont servi d’exemple . En ce sens que, le tribunal est autant sanctuaire que la chapelle. Et nul n’est censé ignorer la loi.
Allons un peu plus loin dans notre analyse autour de cette affaire car la situation aurait pu se dérouler autrement.
1- D’abord , tout comportement qui pourrait troubler , l’audience du Juge est proscrit. En effet, l’article 421 du Code de Procédure pénale en vigueur au Bénin prévoit :
« Lorsqu’à l’audience, l’un des assistants trouble l’ordre de quelque manière que ce soit, le Président ordonne son expulsion de la salle d’audience. Si au cours de l’exécution de cette mesure, il résiste à cet ordre ou cause du tumulte, il est, sur-le-champ, placé sous mandat de dépôt, jugé et puni d’un emprisonnement de deux (2) mois à deux (2) ans, sans préjudice des peines portées au code pénal contre les auteurs d’outrages et de violences envers les magistrats.
2- Dans le cas d’espèce, les deux sexagénaires auraient pu se retrouver derrière les barreaux. Puisque c’est prévu par le code pénal. Mais à analyse de la situation l’on serait tenté de dire qu’elle a su se contenir , faisant preuve d’empathie envers les deux intéressés bien qu’elle était dans son droit le plus absolu d’en arriver là. Mieux , elle a fait montre d’une grande sagesse en les plaçant dans le box des accusés afin qu’ils puissent se rendre compte de la gravité de leurs actes . Et surtout pour dissuader d’autres qui pourraient leur emboîter le pas .
3-Nous pourrions même dire qu’elle l’a fait en pensant au fait que les prochains qui commettraient un trouble d’audience pourraient ne pas tomber sur un acteur de la justice avec autant de clémence.
Espérons que cela puisse suffire amplement de rappel cuisant sur la solennité qui entoure inlassablement une audience.
4- Pour finir, il en va de même pour tout appareil , un portable ou n’importe quel appareil susceptible de faire du bruit durant la tenue de l’audience. Le silence doit toujours régner en maître absolu durant toute audience .
Oluwa Funmy Hinhamy Alohoutade Juriste, journaliste et chroniqueur judiciaire, Auditeur en Master 2 Droit Privé Fondamental
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