La mise en place du Sénat, consacrée par la loi n°2025-20 du 17 décembre 2025 portant révision de la Constitution du Bénin, ouvre une nouvelle séquence de la vie institutionnelle du pays. Si le choix du premier président de cette nouvelle chambre reste attendu, les dispositions de l’article 113-5 limitent clairement le cercle des prétendants en réservant cette fonction aux membres de droit du Sénat. Une liste de personnalités politiques d’expérience se détache ainsi pour cette responsabilité stratégique.
La création du Sénat constitue l’une des innovations majeures de la réforme constitutionnelle intervenue en décembre 2025 au Bénin. En attendant son installation effective, les regards se tournent déjà vers celui qui aura la lourde responsabilité de présider cette nouvelle institution de la République.
L’article 113-5 de la Constitution révisée est sans équivoque. Il dispose que le Sénat est dirigé par un président, assisté d’un vice-président et d’un rapporteur, tous élus pour un mandat de cinq ans renouvelable. Toutefois, le texte précise que le président et le vice-président sont obligatoirement élus parmi les membres de droit du Sénat.
Six personnalités se détachent
Au regard de cette disposition constitutionnelle, le futur président de la Chambre Haute du parlement béninois doit être élus parmi les membres de droit qui sont au nombre de onze.Mais selon toute vraisemblance, le premier Président du Sénat sera choisi parmi six personnalités, au regard de leur statut de membres de droit et de leur proximité avec le pouvoir en place nonobstant les dispositions de l’article 113-4 dernier alinéa de la nouvelle constitution qui stipule que les sénateurs ne peuvent être ni acteurs ni partisans politiques et qu’ils sont soumis à l’obligation de réserve politique.Il s’agit du désormais ancien Président de la République, Patrice Talon, ainsi que des anciens présidents de l’Assemblée nationale : Louis Vlavonou, Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Antoine Idji Kolawolé et Mathurin Koffi Nago.Tous disposent d’une solide expérience des institutions de la République et ont occupé de hautes fonctions au sein de l’État. Ils ont durablement marqué la vie politique nationale. Leur parcours fait d’eux des figures susceptibles d’assurer le démarrage de cette nouvelle chambre parlementaire.
Talon incontournable
Une certitude demeure néanmoins : si l’ancien président Patrice Talon ne se porte pas candidat à la présidence du Sénat, son influence devrait peser de manière déterminante dans le choix de la personnalité appelée à diriger cette institution. Le président Patrice Talon s’impose donc comme un acteur incontournable dans le choix du président du Sénat en raison de son influence sur la majorité politique et des équilibres institutionnels qu’il a contribué à façonner. Bien que la désignation du président du Sénat relève des procédures prévues par la loi, le poids politique de l’ancien Chef d’Etat , son leadership et sa capacité à fédérer les principaux acteurs font de son avis un élément déterminant dans les discussions. Ainsi, son influence est souvent perçue comme un facteur majeur dans l’émergence d’un consensus autour du futur président du Sénat.
Le premier président du Sénat aura pour mission de poser les bases de cette nouvelle institution et d’en garantir le fonctionnement dans le respect de la Constitution, à un moment où le Bénin entre dans une nouvelle étape de son évolution institutionnelle.
. #Armel FERAEZ
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