Monsieur le Président de l’Assemblée nationale.
»Je fais partie de ceux qui estiment que le débat d’orientation budgétaire, instauré par la Loi organique relative aux lois de finances de 2013, ne doit pas être une simple formalité.Il ne s’agit pas pour le gouvernement de venir faire étalage de son
programme devant les parlementaires que nous sommes, mais plutôt de participer à un échange constructif et substantiel sur les orientations économiques de notre pays. Ce débat doit être l’occasion de discuter en profondeur de la situation économique du
pays, en tenant compte de nos echanges pour élaborer le projet de loi de finances pour l’année N+1. Nous devons pouvoir influencer les orientations budgétaires pour l’année à venir. Nous sommes les représentants du peuple et, à ce titre, nous devons
exprimer au gouvernement les réalités que vit notre population.
Monsieur le Président, vous n’êtes certainement pas sans savoir que les conditions de vie de nos concitoyens se sont détériorées Lors de votre récente tournée gouvernementale, vous avez exprimé votre compassion à regard des habitants de la 15ème circonscription qui souffrent de la faim. Mais, à voir le sourire avec lequel vous
l’avez dit, il était évident que vos paroles manquaient de sincérité. Nos compatriotes ne se contentent pas de paroles; ils attendent des actions concretes.
Le gouvernement doit prendre conscience que les chiffres qu’il présente ne reflètent pas toujours la réalité vécue par nos concitoyens. En effet, les taux de croissance et d’inflation annoncés sont souvent en contradiction avec les conditions économiques sur le terrain Les notations des institutions internationales, si flatteuses soient-elles ne doivent pas nous aveugler sur les véritables défis auxquels notre population est
confrontée.Prenons l’exemple du coût des billets d’avion au Bénin, comparé à ceux des autres pays de la sous-région Lorsque nous interpellons le gouvernement sur ce sujet, on nous renvoie vers les compagnies aériennes, comme si cette question ne relevait pas de la responsabilité publique. C’est un manque de respect envers nos préoccupations légitimes.
Le gouvernement doit montrer plus de sérieux et de considération dans ses réponses
à nos interrogations Les débats d’orientation budgétaire doivent servir à identifier les priorités nationales et à proposer des solutions viables. Nous ne pouvons plus
accepter que ces sessions se transforment en simples spectacles, dénués de réelles intentions de changement.
Monsieur le Président, j’en appelle à la responsabilité de chacun. Le Parlement n’est pas une chambre d’enregistrement des décisions gouvernementales. Nous devons être une force de proposition et veiller à ce que les préoccupations du peuple soient effectivement prises en compte dans l’élaboration des politiques publiques.
J’ai dit, Monsieur le Président »

